Traitement pelade: le baricitinib, on en est où ?

Les anti JAK, de quoi parle t’on ?

 

Les anti JAK sont des inhibiteurs qui vont bloquer une ou plusieurs kinase(s) (def : enzyme capable d’activer, de catalyser une autre enzyme) responsables d’activation d’inflammation.

En d’autres termes, il existe une voie qui permet l’activation de certaines inflammations entrainant des problématiques hématologiques, rhumatologiques ou immunitaires. Les anti JAK vont alors bloquer cet accès afin d’éviter, ou de limiter, les inflammations en question.

Il existe des anti JAK de type 1, 2, 3 et Tyk2 dont les cibles diffèrent.

 

Le baricitinib, c’est quoi au juste ?

 

Le baricitinib est un anti JAK de type 1 et 2 et est, à ce jour, utilisé, entre autres, dans le cadre du traitement de la polyarthrite rhumatoïde (maladie auto-immune) et de l’eczéma constitutionnel (atopique) de l’adulte.

Des essais cliniques ont été effectués afin de tester l’efficacité de ce traitement dans la pelade. Les résultats des études sont relativement encourageants, avec une repousse intéressante chez les sujets atteints de pelade sévère à très sévère.

N’oublions pas que le baricitinib, comme tout traitement, a un effet suspensif : les bénéfices disparaissent donc à l’arrêt.

Le baricitinib a obtenu un avis favorable à la demande d’AMM (autorisation de mise sur le marché) européenne dans le cadre du traitement de la pelade. Le dossier passe à présent en France aux mains d’autres instances qui décideront de sa mise sur le marché (en particulier les indications précises, le taux de remboursement…).

 

Que sait-on sur les risques à long terme ?

 

Puisque ce médicament est déjà utilisé dans d’autres pathologies que la pelade, nous avons le recul nécessaire afin d’analyser les effets secondaires éventuels.

En effet, quelques effets secondaires préoccupants pour la classe thérapeutique des anti JAK auquel appartient le baricitinib ont été observés chez des sujets traités pour la polyarthrite rhumatoïde sur le long cours. Ont notamment été relevés, pour le tofacitinib en particulier, une augmentation de risque de :

– Embolie pulmonaire

– Troubles cardio-vasculaires dits « majeurs », en particulier infarctus

– Certains cancers (en particulier poumon et peau) et lymphomes

La question de la balance bénéfices/risques se pose donc. Gardons à l’esprit que la pelade a souvent un aspect chronique (avec des repousses et des rechutes).

 

Que peut-on en penser ?

 

La piste des anti JAK est très intéressante mais, selon l’association La Tresse, ne peut être vue comme une solution miraculeuse. Les risques connus et inconnus sur le long terme pour une maladie qui peut durer sont à prendre en compte.

Il semble qu’il faut envisager les anti-JAK comme une arme parmi d’autres, et toujours peser le pour et le contre de chacune des thérapeutiques. D’autres façons de traiter existent et ne doivent pas être oubliées, elles peuvent parfois être aussi efficaces et moins nocives, mieux connues. Selon chaque patient, selon les périodes de la vie, tel ou tel traitement (ou aucun) sera le mieux adapté.

De plus, il n’est aucunement obligatoire de se traiter: cela peut sembler facile à dire (à écrire !) mais ce n’est pas aux patients atteints de pelade de prendre nécessairement un risque en se traitant, mais c’est à la société de changer son regard en devenant plus inclusive. La Tresse continuera de militer en ce sens.

Continuons les recherches, analysons les données des études sur les anti JAK  connus ou à venir, et surtout, gardons notre sens critique <3

 

Catherine – Présidente

 

Avec l’aimable relecture du docteur Philippe Assouly, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris.

 

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