La pelade et la scolarité/travail: Le témoignage de Marie

 

Je m’appelle Marie, j’ai 23 ans et je suis atteinte de pelade universelle depuis l’âge de 11 ans, alors que j’étais au tout début du collège.

Au moment du diagnostic, plusieurs questionnements me sont tombés sur la tête (sans mauvais jeu de mots ;)). En effet, il faut accepter de ne plus avoir de cheveux pour une durée indéterminée, tout en gérant l’aspect esthétique : Comment cacher ces plaques qui grandissent à vue d’œil ? Comment faire accepter la différence à mes camarades de classe alors que je ne réalise pas encore ce qui m’arrive ? Il n’y a certainement pas de réponse unique.

A 11 ans, je n’ai pas réussi à sauter le pas pour porter une perruque. J’ai donc d’abord opté pour des bandanas colorés, qui ont rapidement été totalement remplacés par des casquettes adaptées pour femmes sans cheveux. Mes parents et moi avons rapidement prévenu le médecin et l’infirmière scolaires ainsi que toute l’équipe pédagogique, car les couvre-chefs ne sont normalement pas autorisés dans les établissements scolaires.

Nous avons aussi fait une petite intervention en classe pour prévenir mes camarades que je n’avais plus de cheveux, que je porterai donc une casquette tous les jours, mais que cela ne changeait rien et que ma maladie n’était ni grave ni contagieuse. Ce pari de transparence m’a été très bénéfique car je n’ai subi aucune moquerie de toute ma scolarité. A un si jeune âge, les enfants sont souvent bien curieux et peuvent être méchants. Cependant, une explication simple et claire a permis d’assouvir leur curiosité, tout en officialisant ma différence auprès de tous.

Mes années lycée se sont déroulées selon cette même logique, et c’est ainsi que j’ai porté jusqu’à mes 18 ans une casquette tous les jours. Cependant, durant mon année de terminale, j’ai longuement réfléchi à ma future adaptation dans le milieu étudiant puis professionnel et j’ai décidé « d’enfin » sauter le pas et de porter une perruque à la rentrée universitaire.

En septembre 2017, je suis donc entrée en faculté de médecine et j’ai changé de ville. J’avais un million de raisons de stresser mais c’était mon nouveau look avec ma perruque que j’appréhendais le plus. En effet, en portant une casquette, j’assumais ma différence aux yeux de tous, alors qu’avec la perruque je me cachais. C’était là mon nouveau secret qui m’était presque imposé, même si c’était bel et bien moi qui avais décidé de tourner la page des casquettes. J’ai beaucoup pris sur moi pour en parler assez rapidement à mes nouvelles amies de la fac. Elles ont été extrêmement bienveillantes et j’ai été très soulagée d’en parler un peu et de ne pas garder cela pour moi.

Aujourd’hui, ma perruque me sert surtout à me fondre dans la masse. Je n’aime pas cette expression mais c’est pourtant bien la raison pour laquelle je la porte. Je ne me trouve pas spécialement plus belle avec une perruque car j’ai depuis bien longtemps accepté ma tête sans cheveux. Or, je me sens incapable de sortir tête nue aujourd’hui. Je suis toujours en médecine, je passe beaucoup de temps en stage à l’hôpital et je ne peux pas me permettre d’attiser la curiosité de mes collègues et encore moins celle des patients, qui remarqueraient au 1er coup d’oeil ma particularité et penseraient peut-être que je suis gravement malade.

Si l’on voyait d’avantage de femmes sans cheveux, sur les réseaux mais aussi dans la vraie vie, je me poserais probablement la question d’enlever ma perruque, mais ce n’est encore pas d’actualité.

Finalement, il n’y a sûrement pas de parcours idéal dans notre rapport pelade/scolarité-travail, mais j’espère en avoir aidé certaines en partageant le mien.

Des bisous

Marie 🖤

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